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Le monstre-cellule

Le monstre-cellule

Le monstre-cellule

Fuligo septica (et Lycogala epidendrum) – Fleur de tan (et Lait de loup)

Août 2014, un été particulièrement « pourri », ce qui me convenait parfaitement à la différence des autres aoûtiens en quête de bronzette. Rien à voir avec les étés qui suivirent, la terre était humide et la mousse bien verte et tendre. À n’en pas douter, le sous-bois et le sous-sol grouillaient de vie et, du plus grand au plus petit, d’insectes, de vers de terre, de collemboles et autres arthropodes. Sur chaque végétal, chaque matière morte, c’était une armée de champignons et de bactéries qui recyclaient. Au milieu de cette foule qui échappe, habituellement, à notre vue, il y a des cellules, suffisamment grandes pour ne pas être ignorées. En voici mon plus fameux exemple sur plusieurs dizaines de centimètres, retombant et glissant telles des stalactites jaunes sur la mousse et le lierre. On remarquera les petites boules rose orangé d’un autre myxomycète le Lycogala epidendrum, très fréquent et, également, l’un des moins discrets de nos blobs.

Le 15 août 2014 à Arengosse (Les Landes, France)

Comme une éponge

Comme une éponge

Comme une éponge

Ceratiomyxa fruticulosa var. porioides

Curieusement, pour moi, c’est peut-être cette photographie qui représente le plus la nature étrange de la structure unicellulaire géante du myxomycète. Comme une main géante – à son échelle – cette Cératiomyxie s’étend sur un fragment de souche pourrie en une forme qui semble mettre en évidence sa capacité à se déplacer, s’étendre, prête à engloutir sa proie… Mais nul danger pour l’homme, le monstre ne fait que quelques millimètres et ses proies sont des bactéries, des spores et autres animalcules…

Le 27 septembre 2014, en forêt de Moulismes (Vienne, France)

Anémone de terre

Anémone de terre

Anémone de terre

Ceratiomyxa fruticulosa – Buisson cireux (Myxomycète)

Point de photo sous-marine ici. Le Buisson cireux profite des bois morts saturés d’eau et de chaudes journées pour étendre de délicats « tentacules » d’une fragilité extrême. Cette espèce n’est vraiment pas rare pour qui y prête suffisamment attention. À condition de ne pas hésiter à scruter les vieilles souches et grosses branches détrempées, le spectacle peut être spectaculaire par la superficie qu’il peut prendre (plusieurs dizaines de centimètres). Et tout cela à partir d’une seule cellule !

Le 23 juillet 2015 à Morcenx (Landes, France)

Rassemblement sur feuille de fougère

Rassemblement sur feuille de fougère

Rassemblement sur feuille de fougère

Didymium sp. – Myxomycète

Pas de racines, comme pour les végétaux ou de filaments mycéliens, comme chez le champignon ! Non, le « myxo » est une énorme et unique cellule, qui se déplace, « rampe » sur la surface et dans les interstices de son substrat, à la recherche de nourriture… Quand les circonstances météorologiques et alimentaires le justifient, la cellule s’organise, se rassemble pour former ces petites structures qui dissémineront les spores. L’aspect global des formes qui portent les spores, appelées carpophores ou sporophores, permet le plus souvent de classer les myxomycètes dans plusieurs grandes familles. Ici, le pied jaune orangé et la « tête », le peridium, sphérique et granuleux par la présence de cristaux calcaires, rapprochent ce spécimen de la famille des Didymium. Mais c’est uniquement l’étude microscopique des spores qui permettra la détermination précise de l’espèce !

Le 15 novembre 2015 à Chauvigny (Vienne, France)

La forêt rousse

La forêt rousse

La forêt rousse

Arcyria (aff. denudata) – Arcyrie dénudée

Pas de sécheresse, ni de « rouille » d’automne sur cette photo mais la couleur naturelle rouge vif de l’Arcyria denudata, un petit myxomycète qui produit ces petits plumeaux. Sur ce cliché, les sporocarpes du myxomycète sont parvenus à maturité et ont déjà libéré un grand nombre de spores découvrant ainsi la structure porteuse comme autant de branches. À ce stade et à la différence des champignons, il est tout à fait possible de prélever et de conserver au sec les myxomycètes dans des petites boîtes. C’est ainsi que certains mycologues les collectionnent et constituent des « herbiers ».

Le 27 juillet 2015 à Morcenx (Landes, France)

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